Vivre la messe à la manière de Saint Padre Pio

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La messe est le sacrifice non-sanglant du Christ qui s’actualise sur l’autel, elle n’est pas le simple souvenir de la dernière cène. Durant cette dernière, Jésus, a anticipé son sacrifice sur la croix et sa victoire par sa résurrection. Jésus, par sa mort et sa résurrection, nous donne la Vie et nous la transmet par la grâce.

Durant la messe, le Christ se rend présent toutes les fois où les paroles de la consécration sont prononcées par le prêtre. Le sacrement de l’eucharistie est la source et le sommet de toute vie chrétienne, c’est à dire qu’il est le début et la finalité de notre vie en Dieu. Aujourd’hui, la mort et la résurrection se traduisent par les mots de « mystère pascal » : c’est ce mystère où Jésus mort et ressuscité nous entraîne derrière Lui.

À la messe, Il se donne à nous, dans son corps glorieux sous les espèces du pain et du vin. Quand nous recevons l’hostie consacrée nous mangeons le corps, le sang, l’âme et la divinité de Notre Seigneur Jésus Christ. La messe est donc le mystère de notre salut qui se réalise ici et maintenant.

Saint Padre Pio pour faire comprendre et surtout pour faire vivre ce mystère, avait une méthode mystagogique, qui d’une manière pédagogique, faisait pénétrer le fidèle et le célébrant dans le mystère de la messe.

« Le monde peut se passer plus facilement du soleil que de la sainte messe » disait le Padre

C’est pourquoi il est important de savoir « rentrer » de façon chronologique dans la messe, c’est à dire en suivant Jésus, dans son sacrifice jusqu’à sa résurrection. C’est une méthode pédagogique, elle a pour but de nous permettre d’être le plus prêt de Jésus comme Jean et Marie au pied de la croix, et d’avoir en nous, comme le disait Saint Paul, « les mêmes sentiments qui furent en Jésus » (Phil 2,5)

Le début de la messe : l’acte pénitentiel et la liturgie de la Parole

Jésus est à Gethsémani : Il souffre et sue du sang, il est tenaillé par le diable, il voit sa passion, et surtout les âmes qui se perdront et pour qui son sacrifice aura été vain. Il demande au Père d’éloigner ce calice de Lui. Il accepte sa mission tout en ayant une amère tristesse jusqu’au fond de ses entrailles. Durant l’acte pénitentiel nous demandons pardon pour tous les péchés commis qui ont fait souffrir le Christ. Durant la lecture de la Parole, nous nous unissons à Jésus toutes les fois où Sa Parole n’est pas écoutée. Le prêtre comme le fidèle entrent en communion avec le Christ agonisant à Gethsémani et demandent d’avoir conscience de ce qui offense et blesse Jésus, le rendant triste. À ce moment, le prêtre comme le fidèle entrent dans le mystère de notre rédemption.

L’offertoire et le sanctus

Jésus est arrêté et s’offre au Père comme victime : Jésus, trahi par Judas Iscariote, est arrêté par les gardes du temple. Il s’offre au Père, il n’est plus libre et se trouve enchaîné et mis en prison. Il comparaît devant le Sanhédrin, Pilate, Hérode et encore devant Pilate, il vit des simulacres de procès, il se laisse faire, cracher dessus, arraché la barbe, et ne dis rien. Il ne parle que de son Père et s’offre à lui, sa passion commence. Le prêtre s’offre avec l’hostie comme victime expiatoire au Père, il rentre dans le mystère de Jésus, prend conscience de son sacerdoce en agissant in persona Christi. Le fidèle s’unit au Christ en le consolant de l’outrage reçu, des injustices subies, il contemple le mystère du Juste mis au rang des malfaiteurs et des criminels.

Après le sanctus et avant la prière eucharistique

Jésus flagellé, couronné d’épine, chargé de la Croix : Après le Sanctus, le prêtre doit prendre un moment de silence avant la préface. Jésus est flagellé et couronné d’épine pour réparer les péchés de la chair et de l’esprit. Le prêtre et les fidèles demandent pardon pour leurs péchés de chair et leurs péchés de l’esprit. Tous nos péchés sont expiés par le Christ, et, contemplant cette scène de la flagellation et du couronnement d’épine, nous prenons conscience que le péché à défiguré le Christ, le plus beau des enfants des hommes (Ps 45,2). Sur son corps en lambeaux et sur sa tête saignante, Jésus est chargé de sa croix. Le prêtre comme les fidèles acceptent la croix que le Seigneur leur offre pour devenir co-rédempteur avec le Christ et le suivre sur le chemin de la vie : « Celui qui veut être mon disciple, qu’il se renie lui-même, prenne sa croix et me suive » (Mt 16,24). Cette partie de la messe dure le temps d’un silence assez court entre la fin du sanctus et le début de la prière eucharistique, donc il nous est demandé de le vivre avec une pensée intense.

La Prière eucharistique : 

Du début de la prière eucharistique jusqu’à la consécration

Jésus commence le chemin de croix jusqu’au Golgotha : Le Christ chargé du linteau horizontal de sa croix, le patibulum, commence le chemin de croix. Durant ce moment, le prêtre demande à Dieu de se fondre dans le Cœur du Christ pour porter sa croix avec Lui, le prêtre demande au Père d’être un autre Jésus. Les fidèles demandent d’imprimer dans leurs cœurs les sentiments et les douleurs de la Vierge Marie qui supplie le Père de soulager son Fils en lui faisant porter ses souffrances. Avec Jésus le prêtre et les fidèles montent sur le Golgotha.

La Consécration

Jésus est crucifié : Au moment où le prêtre dit : « ceci est mon corps, ceci est mon sang », Jésus est crucifié et hissé sur le linteau vertical de la croix, le stipes. Jésus, agneau sans tâche, s’offre au Père dans une oblation pure et rachète les péchés du monde comme victime vicaire, comme le dit Saint Paul, Jésus se fait péché pour nous (2 Co 5, 21). Le prêtre, à ce moment, prête sa personne au Christ et prononce les paroles de la consécration, ce n’est plus lui qui agit mais Jésus qui consacre. La volonté du célébrant se tourne tout entier vers la croix, et son intelligence contemple le Verbe fait chair crucifié. Il prend un long moment durant l’élévation et demande à Dieu d’être lui aussi crucifié avec le Christ pour « compléter en sa chair ce qui manque à la passion du Christ » (Col 1,24). Les fidèles sont avec la Vierge et Saint Jean devant le mystère de notre rédemption et demandent à L’Esprit Saint que soit imprimé en eux les sentiments, les pensées et les motions qui animèrent la mère de Dieu et l’apôtre en ce moment.

Suite de la prière eucharistique jusqu’au per ipsum

Jésus en croix expie les péchés du monde : Jésus est en croix, une éclipse survient, les ténèbres apparaissent. Seul la foi éclaire. Jésus prononce les sept paroles et s’offre au père comme victime expiatoire. Le prêtre comme le fidèle demande au Père de recevoir leur vie en expiation de leurs péchés et de ceux du monde entier. Au moment du per ipsum Jésus dans un dernier élan consume son sacrifice.

Le Notre père

Jésus dit « Père entre tes mains je remets mon esprit » : Dernière parole de Jésus en croix où il se consigne tout entier au Père dans un mouvement d’amour. Il rend son dernier souffle en criant. Le prêtre et les fidèles demandent à Dieu de consumer leur vie jusqu’au dernier souffle pour le règne de Dieu.

La Fraction du pain

Jésus meurt et son Cœur est transpercé : Jésus meurt sur la croix et son cœur est transpercé par la lance du centurion. Le prêtre demande au Père que son cœur sacerdotal soit transpercé d’amour pour les hommes et les fidèles demandent à Dieu que le sang et l’eau qui ont jailli du Cœur du Christ les inondent.

Intinction du pain et du vin : réunion du corps et du sang

Jésus ressuscité est vainqueur de la mort : Quand le prêtre réunit le corps et le sang du Christ dans le calice, Jésus ressuscite des morts. Il est le vainqueur du péché, de la mort et du malin.

Le prêtre comme le fidèle demandent que le Christ victorieux rentre dans leur vie et dans leur mort pour que la lumière brille dans leur ténèbres. La douleur de la passion s’efface pour laisser la place à la joie de la résurrection.

La Communion

Jésus ressuscité, glorieux fait sa demeure en nous : La communion est le point culminant de la messe. Le Christ, victorieux vient habiter en nous. Le prêtre comme le fidèle demandent à la Sainte Trinité de s’unir en Elle : S’unir au Père en Jésus dans l’Esprit. Il est important d’observer après la communion un profond moment de silence pour laisser la grâce se distiller en nous afin que l’union entre Dieu et notre cœur s’opère.

La fin de la messe

Jésus glorieux en nos cœurs veut être porté : Une fois que nous portons en nous Jésus, le prêtre nous envoie dans la paix du Christ pour porter sa lumière au monde. Le prêtre comme les fidèles sont appelés à être évangélisateurs, porteurs de la Bonne Nouvelle au monde.

Père Gautier Filardo


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